• Le 22 octobre 2016

Nouvelle publication : Je ne peux plus attraper mon verre en condition d'anxiété! Focus sur l'activité corticale associée à ce couplage perception-action.

I Can't Reach It! Focus on Theta Sensorimotor Rhythm Toward a Better Understanding of Impaired Action-Perception Coupling. Neuroscience, 339, 32-46.

Daviaux, Y., Crémoux, S., Tallet, J., Amarantini, D., Cornu, C., & Deschamps, T.

Neuroscience

Summary: It is known that anxiety impairs action-perception coupling. This study tests whether this impairment could be associated with an alteration of the sensorimotor function. To this aim, the cortical activities underlying the sensorimotor function were recorded in twelve volunteers in a reach-to-grasp paradigm, in which the level of anxiety and the position of a glass were manipulated. The experimental manipulation of the anxiety-related somatosensory state was expected to prompt participants to underestimate their reaching-to-grasp capabilities while the sensorimotor-related oscillatory brain activities around the 6-Hz () frequency over motor-related and parietal regions were expected to be modulated. We also investigated the oscillatory brain dynamics around the 11.5-Hz (fast-) frequency as a neural hallmark of anxiety manipulation induced by the breath-restriction. Results indeed showed that participants underestimated their reaching-to-grasp maximal performance and -EEG synchronization over the motor cortex contralateral to the dominant hand was higher during glass presentation under breath-restriction condition (+20.1 %; p < 0.05) and when the glass was perceived as non-reachable (+20.0 %; p < 0.05). Fast--EEG desynchronization was reduced under breath-restriction (-37.7 %; p < 0.05). These findings confirm that anxiety-related impairment of action-perception coupling co-modulates with theta-sensorimotor rhythm. This finding is discussed as an altered readiness state in the reaching-related cortical network while individuals are anxious.

Résumé : En collaboration avec des collègues de Toulouse et Valenciennes, nous avons questionné les mécanismes sous-jacents à l'origine du décalage entre l'estimation de ses possibilités d'action et ses capacités réelles du sujet, lors d'une tâche de saisie manuelle. S'il est reconnu que le décalage entre la perception des possibilités d'action et la performance réelle est dépendant des propriétés informationnelles de l'environnement physique (objets, surface, ...), nous montrons qu'une variable telle que l'anxiété, modifiant l'état psychologique du sujet, pèse sur la perception des informations nécessaires au contrôle optimisé de l'action visée. En appréhendant les corrélats corticaux associés à ce couplage perception-action (i.e. décalage entre perception des possibilités d'action et ses capacités réelles) à partir de mesures de l'activité électroencéphalographique (EEG), les résultats obtenus dans une tâche de pointage d'un objet placé à distances variables démontrent que la plasticité de la représentation sensorimotrice du corps serait à l'origine de la détérioration du couplage perception-action, détérioration observée à hauts niveaux d'anxiété.

Implications : Nous suggérons que l'incapacité (ou difficulté) du sujet anxieux à actualiser ce qu'il croit être capable de faire avec ce dont il est réellement capable serait source d'une motricité à risque. Ces hypothèses permettraient d'investiguer les processus neuromusculaires (mesures fonctionnelles, e.g. force musculaire) et/ou cognitifs (fonctions exécutives, statut cognitif, peur de chuter, représentation du schéma corporel ...) qui sous-tendent ce défaut d'actualisation cognitive, en particulier chez la personne âgée.